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Violences éducatives

Violences éducatives

Vidéo : "Les châtiments corporels ... si j’aurais su, je serais né en Suède"
- 1h08 minutes - Décembre 2015

Extraits du site d’Alice MILLER, La Maltraitance, l’Abus de l’Enfant

C’est quoi ?

Les humiliations, les coups, les gifles, la tromperie, l’exploitation sexuelle, la moquerie, la négligence etc. sont des formes de maltraitances parce qu’ils blessent l’intégrité et la dignité de l’enfant, même si les effets ne sont pas visibles de suite. C’est à l’âge adulte que l’enfant maltraité jadis commencera à en souffrir et en faire souffrir les autres. Il ne s’agit pas là d’un problème de la famille uniquement, mais de toute la société parce que les victimes de cette dynamique de violence, transformées en bourreaux, se vengent sur des nations entières, comme le montrent les génocides de plus en plus fréquents sous des dictatures atroces comme celle de Hitler. Les enfants battus apprennent très tôt la violence qu’ils utiliseront adultes en croyant à ce qu’on leur a dit : qu’ils ont mérité les punitions et qu’ils étaient battus « par amour ». Ils ne savent pas qu’en vérité la seule raison des punitions qu’ils ont subies était due au fait que leurs parents ont subi et appris la violence très tôt sans la remettre en cause. A leur tour ils battent leurs enfants sans penser leur faire du mal.

C’est comme ça que l’ignorance de la société reste si solide et que les parents continuent en toute bonne foi à produire le mal dans chaque génération depuis des millénaires. Presque tous les enfants reçoivent des coups quand ils commencent à marcher et toucher les objets qui ne doivent pas être touchés. Cela se passe exactement à l’age quand le cerveau humain se structure (entre 0 et 3 ans). Là, l’enfant doit apprendre de ses modèles la gentillesse et l’amour mais jamais, en aucun cas, la violence et les mensonges (comme : « je te bas pour ton bien et par amour »). Heureusement, il y en a des enfants maltraités qui recoivent l’amour et la protection chez les « témoins sécourables » dans leur entourage.

Quelques-uns des livres d’Alice MILLER :

Le drame de l’enfant doué, Presses Universitaires de France, 1983

Le drame de l’enfant doué, de l’enfant sensible et éveillé, mais pas forcément surdoué, consiste dans le fait qu’il ressent très tôt le besoin et les troubles de ses parents et s’y adapte. Il apprend alors à dissimuler ses sentiments les plus intenses, que ses parents supportent mal. Quoique ces sentiments, comme par exemple la colère, l’indignation, le désespoir, la jalousie ou la peur, puissent resurgir au cours de la vie future, ils ne seront pas intégrés à la personnalité. C’est ainsi que la partie la plus vitale de l’individu, la source du vrai Soi, ne sera pas vécue. Cette répression des sentiments mène, même chez des personnes très intelligentes et pleines de talent, à une insécurité sur le plan émotionnel s’exprimant soit dans la dépression (perte du Soi), soit dans la grandiosité – qui est en fait une défense contre la dépression.
Les exemples décrit par l’auteur sensibilisent le lecteur à la souffrance inarticulée de ceux qui, comme enfant, n’ont pas eu la chance d’apprendre à vivre et à exprimer leurs vrais sentiments.

C’est pour ton bien, Aubier, 1985

« L’opinion publique est loin d’avoir pris conscience que ce qui arrivait à l’enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l’ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance…Ma tâche est de sensibiliser cette opinion aux souffrances de la petite enfance, en m’efforçant d’atteindre chez le lecteur adulte l’enfant qu’il a été. »
— Alice Miller

Ce livre dénonce les méfaits de l’éducation traditionnelle – qui a pour but de briser la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant – et montre comment, fatalement, les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront ; comment, surtout, à l’origine de la pure violence, celle que l’on inflige à soi-même ou celle que l’on fait subir à autrui, on trouve toujours le meurtre de l’âme enfantine. Cette » pédagogie noire « , selon l’expression de l’auteur, est illustrée par des textes du 18e et 19e siècle, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d’enfances massacrées : celle de Christiane F., droguée, prostituée, d’un jeune infanticide allemand – et d’Adolf Hitler, que l’on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.

L’enfant sous terreur, Aubier, 1986

Enfants humiliés, enfants maltraités, enfants ignorés, dans la vérité de leurs sentiments et de leurs besoins, par des adultes qui trop souvent, ne s’en rendent même pas compte : notre société, en dépit des apparences, ne respecte pas les enfants. Depuis l’aube des temps, l’enfant, bouc émissaire, a toujours été utilisé par l’adulte pour se décharger de ses propres tensions, ou pour satisfaire ses propres désirs – sexuels, entre autres ; et il sera beaucoup question, ici, des abus les mieux cachés dont les enfants sont victimes bien plus fréquemment qu’on ne le croit.

Cette attitude scandaleuse – l’abus du pouvoir de l’adulte sur l’enfant – est considérée comme normale et juste, et perpétuée par la société tout entière. Et les psychanalystes eux-mêmes, lorsque la souffrance amènera celui ou celle qui a été un enfant meurtri à chercher auprès d’eux un soutien, ne sauront que le culpabiliser – puisque Freud, « l’infaillible » Freud, après avoir tout d’abord reconnu la réalité des traumatismes sexuels subis dans l’enfance, a fait marche arrière en inventant une théorie qui, elle, innocentait les parents.

Un livre sur le refoulement – ses raisons et ses effets -, et en même temps sur la solitude émotionnelle de l’enfant dans notre société arrogante et hypocrite. Un livre foisonnant d’exemples, puisés aussi bien dans la pratique analytique que dans la littérature : chez Baudelaire, Flaubert, Kafka surtout – un long chapitre analyse la façon dont l’univers kafkaïen traduit la solitude, la détresse, l’incompréhension du petit enfant. Un livre à lire et à faire lire pour que les souffrances de l’enfant soient enfin reconnues et pour que la psychanalyse, grâce au respect du thérapeute pour son patient, à son refus de s’ériger en juge, puisse devenir l’instrument de libération qu’elle a toujours voulu être.

L’avenir du drame de l’enfant doué, Presses Universitaires de France, 1996

Si je devais aujourd’hui me chercher un thérapeute, je me demanderais en premier lieu : avec qui vais-je conserver mon autonomie ? Qui me donnera des informations vérifiables ?… Qui répond sincèrement, et de façon satisfaisante, à mes questions, noue avec moi une relation de travail loyale et transparente, accepte les critiques, est prêt à se confronter avec les faits ?

Contrairement au petit enfant, l’adulte a des opinions. Il peut se fonder sur ses expériences, dispose de la faculté de raisonner ainsi que du libre accès aux informations. Tout cela, il peut l’utiliser, s’il n’est pas bloqué dans le schéma de son enfance qui n’était auparavant qu’une stratégie de survie. Mais en détectant ce schéma nous pouvons en sortir et profiter des options que nous offre la vie.

Notre corps ne ment jamais, Flammarion, 2004

Quand nous tombons malades, quand nous faisons l’expérience de la dépression, de la toxicomanie, de l’anorexie …, c’est que nous sommes traversés par un conflit intérieur entre ce que nous ressentons et ce que nous voudrions ressentir. D’un côté, il y a notre corps, qui garde intacte la mémoire de notre histoire, et tout particulièrement des mauvais traitements que nos parents ont pu nous infliger ; de l’autre, il y a notre esprit et notre volonté conditionnés par la morale et l’éducation traditionnelles à aimer et honorer, quoi qu’il arrive, ces mêmes parents.

Ce livre nous montre, à travers de nombreux exemples – notamment les vies d’écrivains célèbres – les conséquences parfois dramatiques de ce conflit, mais aussi, qu’il existe, aujourd’hui, des raisons d’espérer.

Non, nous ne sommes pas obligés d’être les « bons » enfants de nos parents s’ils nous ont fait du mal et s’ils continuent de pratiquer le chantage affectif.
Oui, c’est notre responsabilité que d’être attentifs aux signaux d’alerte que nous envoie notre corps.

Oui, au terme de ce chemin exigeant par lequel nous acceptons de relire l’histoire de nos rapports avec nos parents, il y a l’espoir de naître à une authentique liberté intérieure.

document 154

Olivier MAUREL

Extraits du site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire : OVEO.
Cette association a été fondée en 2005 par Olivier MAUREL, auteur de livres sur la violence éducative, suite à sa découverte de l’oeuvre d’Alice MILLER.

Pourquoi appelle-t-on
agression le fait de frapper un adulte,
cruauté le fait de frapper un animal,
mais éducation le fait de frapper un enfant ?

Olivier Maurel, Les violences éducatives ont des conséquences dramatiques sur le développement de l’enfant.

Articles
extraits du site d’Alice Miller et de celui de Psy.be

- Dangers spécifiques des châtiments corporels
- Les dangers sexuels de la fessée
- Qu’est-ce qui rend les châtiments corporels si destructeurs ?
- Obstacles auxquels doit se préparer le valeureux combattant anti-fessée

Quelques idées

La tolérance envers la violence éducative ordinaire est le terreau de la maltraitance. Infligée à la majorité des enfants pendant toutes les années où leur cerveau se forme, la violence éducative ordinaire les prépare à devenir eux-mêmes violents, ne serait-ce que par imitation, et à trouver normal que les conflits se règlent par la violence.

L’interdiction de toute forme de violence dans l’éducation des enfants est une étape indispensable pour que l’humanité cesse de voir la violence comme une solution.
Elle peut être considérée comme la violence première, socialement acceptée, qui rend possibles toutes les autres formes de violence. Pour un petit enfant, la tape, même ‘légère’ et la ‘petite’ fessée sont une première violence qui remet en cause sa base de sécurité et son monde relationnel à lui-même et à ses référents (le plus souvent, ses parents), c’est-à-dire les bases mêmes de ses relations futures et de son développement.

La violence éducative se perpétue, par l’exemple, de génération en génération. Infligées à un enfant, dès son plus jeune âge, les violences ordinaires le prédisposent, une fois adulte, à se soumettre à la loi du plus fort, ou à faire subir à son tour à des êtres plus faibles (ses propres enfants, son conjoint ou toute autre personne) consciemment ou le plus souvent inconsciemment, ce qu’il a subi enfant.

Si nous lui donnons, par notre attitude envers lui, l’exemple de la violence, qui plus est sous prétexte de l’éduquer, nous ne nous étonnerons pas s’il reproduit tôt ou tard cette violence. Les violences subies, même oubliées, laissent des traces. Toute l’histoire de l’humanité et aujourd’hui de très nombreuses études, le prouvent.

On ne peut enseigner la paix par la violence.

Quelques livres d’Olivier Maurel,

La Fessée, Questions sur la Violence Educative
La Fessée, questions sur la violence éducativeEduquer sans frapper, c’est possible !
Aujourd’hui, il n’est plus permis de frapper les femmes ou les détenus. Seuls les enfants ne sont pas encore protégés par la loi. Et pourtant, les gifles et les fessées ne sont pas indispensables, elles ne rendent pas les enfants plus obéissants, elles n’améliorent pas les apprentissages. Il est possible d’éduquer sans frapper, de poser des limites à ses enfants, avec respect et amour.
« Ce livre est un cadeau pour les millions de jeunes qui n’ont pas encore d’enfants. Un cadeau aussi et surtout pour tous les enfants à naître dont les parents auront eu la chance de le lire. » Alice Miller.

Oui, la nature humaine est bonne
Fessées, gifles, calottes, tapes ou bastonnades… Dans beaucoup de pays, les enquêtes les plus sérieuses montrent que plus de 80 % des enfants subissent encore des méthodes éducatives violentes.

Or, si étonnant que cela puisse paraître, aucun grand philosophe n’a tenu compte dans sa réflexion sur la nature humaine des conséquences de ce dressage violent infligé depuis des millénaires à la majorité des êtres humains au moment où leur cerveau est en formation.

Pire : dans les religions, dans les conceptions philosophiques, et aujourd’hui encore dans la psychanalyse, tout se passe comme si l’origine de la violence et de la cruauté humaines était dans la nature même des enfants. Pourtant, les recherches les plus récentes ont révélé chez lui des compétences – attachement, empathie, imitation – qui en font un être remarquablement doué pour la vie sociale.

La source de la violence et de la cruauté humaines réside-t-elle dans la nature des enfants, c’est-à-dire dans notre nature, ou dans la méthode qu’on a utilisée de tous temps pour les élever ?

C’est à cette question que répond Olivier Maurel, en s’appuyant sur les recherches d’Alice Miller et les plus récentes découvertes de la neurologie. Après la lecture de ce plaidoyer inédit, il sera difficile de continuer à appeler « éducation » le fait de frapper un enfant.

La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines
Olivier Maurel : La Violence de l’Education et les Châtiments Corporels

Dans ce nouveau livre ayant cette fois pour sujet l’ignorance de la violence précoce subie dans l’enfance par les chercheurs sur la violence, il parle dans cette interview de la violence éducative et de ses conséquences inconnues pour de nombreuses personnes.
Présentation du livre par Olivier Maurel :
Ce que j’ai voulu dans ce livre, c’est montrer, preuves en mains, un fait méconnu mais non moins réel : la violence éducative a des conséquences négatives jusque dans le domaine des sciences humaines.
Je montre en effet que la violence éducative subie et/ou considérée comme normale par les chercheurs en sciences humaines perturbe sérieusement leur capacité de connaissance et leur esprit scientifique. Ils croient en effet, comme tout le monde, avoir depuis longtemps dépassé leur enfance et les souffrances qu’ils ont pu y endurer. Ils en sont pourtant profondément marqués sans le savoir. Et, bien qu’ils veuillent étudier tous les aspects de la violence humaine, ils « oublient » comme par hasard, presque tous, de mentionner la violence éducative sur les enfants, qui est pourtant, quantitativement, la plus fréquente et la plus susceptible d’engendrer la violence des adultes. Ils croient faire des études tout à fait scientifiques et objectives sur la violence, mais tout un pan leur en est caché comme s’ils portaient des oeillères. Comme ensuite, les lecteurs, les étudiants, les médias font confiance à ces chercheurs lorsqu’il s’agit de traiter de la violence, c’est toute l’opinion publique qui est ainsi induite en erreur. Dans ces conditions, quel espoir pouvons-nous avoir de guérir de la violence si nous n’en voyons pas l’origine ?
Il est essentiel de montrer que la violence infligée aux enfants produit des adultes coupés de leur enfance et qui, pour cette raison, sont aveugles à toute une part de la réalité.
La méthode que j’ai utilisée est la suivante. J’ai étudié de près tous les livres publiés en langue française entre 1998 et 20O9 dont le titre annonçait qu’ils portaient sur la violence humaine. 21 livres ont été dans ce cas, mais comme trois d’entre eux étaient collectifs, ils regroupaient 99 auteurs. Sur ces 99 auteurs, 6 seulement, et pas les plus connus, ont tenu compte de la violence éducative dans leur analyse de la violence humaine. Les 93 autres n’en ont pas dit un mot alors qu’ils annonçaient que leurs ouvrages portaient sur la violence en général . A plus forte raison, l’idée ne les a, bien sûr, pas effleurés que la violence sur les enfants pouvait être à l’origine de la violence des adolescents et des adultes ou de leur soumission à la violence. Et pire, beaucoup d’entre eux ont attribué aux « pulsions » ou aux « instincts animaux » des enfants la responsabilité de notre violence.
Ces auteurs sont des psychanalystes, des psychologues, des sociologues, des historiens, des philosophes. Parmi eux des auteurs particulièrement médiatiques comme : la psychanalyste Elisabeth Roudinesco, l’historien Robert Muchembled, le philosophe René Girard et Boris Cyrulnik. Il est étonnant de voir ce qu’ils ont pu dire et ce qu’ils ont négligé de dire.
En montrant ainsi que la violence éducative mutile notre connaissance de la réalité, j’espère faire prendre conscience de la gravité insoupçonnée des violences et des humiliations sur les enfants. Mais encore faut-il que mon livre parvienne à toucher l’opinion publique.
Ce livre étant édité par une courageuse petite maison d’édition, il ne bénéficiera que de très peu de publicité. Merci d’avance donc, si vous pouvez m’aider à le faire connaître autour de vous. »

Emissions
- sur la violence éducative ordinaire
- Interview d’Olivier Maurel sur les châtiments corporels