Pourquoi appelle-t-on agression le fait de frapper un adulte,
cruauté le fait de frapper un animal,
mais éducation le fait de frapper un enfant ?
Cette association a été fondée en 2005 par Olivier MAUREL, auteur de livres sur la violence éducative, suite à sa découverte de l'oeuvre d'Alice MILLER.
La tolérance envers la violence éducative ordinaire est le terreau de la maltraitance. Infligée à la majorité des enfants pendant toutes les années où leur cerveau se forme, la violence éducative ordinaire les prépare à devenir eux-mêmes violents, ne serait-ce que par imitation, et à trouver normal que les conflits se règlent par la violence.
L'interdiction de toute forme de violence dans l'éducation des enfants est une étape indispensable pour que l'humanité cesse de voir la violence comme une solution.
Elle peut être considérée comme la violence première, socialement acceptée, qui rend possibles toutes les autres formes de violence. Pour un petit enfant, la tape, même 'légère' et la 'petite' fessée sont une première violence qui remet en cause sa base de sécurité et son monde relationnel à lui-même et à ses référents (le plus souvent, ses parents), c'est-à-dire les bases mêmes de ses relations futures et de son développement.
La violence éducative se perpétue, par l'exemple, de génération en génération. Infligées à un enfant, dès son plus jeune âge, les violences ordinaires le prédisposent, une fois adulte, à se soumettre à la loi du plus fort, ou à faire subir à son tour à des êtres plus faibles (ses propres enfants, son conjoint ou toute autre personne) consciemment ou le plus souvent inconsciemment, ce qu'il a subi enfant.
Si nous lui donnons, par notre attitude envers lui, l'exemple de la violence, qui plus est sous prétexte de l'éduquer, nous ne nous étonnerons pas s'il reproduit tôt ou tard cette violence. Les violences subies, même oubliées, laissent des traces. Toute l'histoire de l'humanité et aujourd'hui de très nombreuses études, le prouvent.
On ne peut enseigner la paix par la violence.
Emission "Noms de dieux" du mardi 7 décembre 2010 - 55 min 28s
Laisser passer la pub et un petit moment de silence au début
' Comment se fait-il que ce gosse des rues, abandonné, battu et bagarreur soit devenu un adulte tellement soucieux de donner et d'aimer ? '
Cette question, Boris Cyrulnik, le psychiatre bien connu, la pose dans sa préface du livre de Tim GUENARD ' Tagueurs d'espérance ' (Presses de la Renaissance, 2002)
Philippe ' Tim ' GUENARD est né en 1958. Abandonné par sa mère à l'âge de 3 ans, le petit Tim a à peine 5 ans lorsque, victime de la violence extrême de son père, il se retrouve à l'hôpital. Il y restera trois longues années, sans jamais recevoir une seule visite, un seul cadeau...
Cette enfance-martyre, Tim GUENARD l'a racontée dans ' Plus fort que la haine. Une enfance meurtrie : de l'horreur au pardon ' (Presses de la Renaissance, 1999). Un livre fort, dur, bouleversant. De la descente aux enfers (l'Assistance Publique, les maisons de correction, les fugues, la rue, les bandes, les bagarres, les braquages, la prostitution, la boxe, les juges) à la renaissance (grâce à la foi et à la rencontre de plusieurs personnes bienveillantes) et au pardon.
Aujourd'hui marié, père et grand-père, Tim est apiculteur près de Lourdes. Dans sa ferme, il accueille, avec son épouse Martine, des jeunes en difficulté auxquels il tente, à son tour, de rendre le goût de vivre dans la dignité et le respect des autres. Il témoigne aussi partout où on l'appelle, dans des écoles, dans des paroisses, et surtout dans des prisons de son itinéraire exceptionnel.